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Lien entre épigénétique et microbiome

Temps de lecture : 4 minutes

Joël de Rosnay est Docteur en Sciences, Biologiste, Docteur en Sciences, prospectiviste, Ancien chercheur et enseignant au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en biologie et informatique, ancien Directeur des Applications de la Recherche à l’Institut Pasteur. Il est également membre du Comité Scientifique d’Albior.

Nous sommes un macroorganisme composé de 6 000 milliards de cellules humaines et plus de 100 000 milliards de cellules bactériennes ! Les microbes vivant à l’intérieur de notre intestin (la flore intestinale) et en différentes parties de notre corps, constituent le « microbiome ». Ces microbes sont utiles à notre vie. Non seulement ils produisent des vitamines, et accroissent nos défenses immunitaires, mais ils nous protègent contre d’autres microbes dangereux.

Le microbiome : la clé d’une santé équilibrée

Le « microbiome » est un véritable « organe », qui peut peser jusqu’à 5 kilos. Il sécrète des hormones, des vitamines, joue un rôle dans certains dérèglements cérébraux, stimule l’immunité. Il permet ainsi de lutter contre d’autres virus ou d’autres bactéries dites « opportunistes » susceptibles de coloniser cet « hôtel ».

Le meilleur moyen d’avoir un microbiome équilibré et producteur des biomolécules qui nous maintiennent en bonne santé, est de l’alimenter avec des produits qui vont influer sur son épigénome.

Lorsque nous évoquons le génome humain, nous omettons généralement de mentionner le « métagénome ». Sous ce nom se cachent les génomes des populations bactériennes, qui peuplent notre organisme.. Le métagénome est donc non seulement constitué de nos 25 ou 30 000 gènes, mais aussi des 10 millions de gènes microbiens. Par conséquent, il est quasiment impossible de dissocier les relations du corps et ses réactions aux agressions de l’environnement (résultant, par exemple, de la pollution ou d’une alimentation déséquilibrée) qui conditionnent les réponses des micro-organismes du corps. Avec eux, nous constituons un super organisme.

Ce que nous mangeons tous les jours détermine l’équilibre de ce super organisme et donc de son métagénome. Il existe désormais une science qui étudie la relation entre l’alimentation et les gènes, qu’il s’agisse des nôtres ou de ceux de nos bons microbes, c’est la nutrigénomique.
Cette nouvelle discipline scientifique, mariage de la génomique et des sciences de la nutrition, a permis de confirmer scientifiquement les impacts de l’alimentation sur notre santé dans la prévention et le traitement des maladies.

Certains experts estiment qu’il est possible de proposer des recommandations alimentaires « sur mesure ». Celles-ci prendront en considération non seulement les besoins nutritionnels adaptés à chaque métabolisme ou caractéristiques corporelles (âge, activités physiques ou professionnelles, stress, dépression…), mais aussi les caractéristiques génétiques de chaque patient.

Le microbiome communique avec notre cerveau : une vraie influence sur notre mental et notre travail

Le microbiome est en relation avec notre cerveau. Il faut se souvenir que le poids total (entre 1 et 5 kilos) de bactéries hébergées dans notre corps est supérieur au poids du cerveau (en moyenne 2 kilos). Ce microbiome est capable de produire de nombreuses substances neuro-actives (aux effets neuroleptiques, antidépresseurs, etc.) et peut être considéré comme un système de régulation du comportement. Des recherches récentes prouvent que ces microbes peuvent influencer certaines fonctions cognitives, des comportements, des interactions sociales et la gestion du stress. Par exemple, le système sérotoninergique (antidépresseur) du cerveau, jouant un rôle fondamental dans l’activité émotionnelle, est inapte à se développer normalement en l’absence des microbes du corps.

Nous avons un deuxième cerveau… dans l’intestin !

Cela paraît à peine croyable mais nous abritons un « deuxième cerveau » dans notre intestin. Un « cerveau » composé de plus de 100 millions de neurones ! On l’appelle le « cerveau entérique ». Il est en liaison permanente avec le cerveau de notre tête. On a un peu de mal à penser qu’une grande partie notre équilibre psychique dépend de ce « cerveau du ventre ». Il en est souvent à la source car il contribue à produire et distribuer dans notre corps des neurotransmetteurs actifs sur le cerveau.

En effet, L’axe de communication cerveau/microbiome comprend plusieurs secteurs interconnectés : Le système nerveux central (SNC), les systèmes sympathiques et parasympathiques, les systèmes neuroendocriniens et neuro-immunitaires, le « cerveau entérique » de notre intestin, et bien sûr le microbiome. Cette communication se réalise dans les deux sens : les signaux provenant du cerveau peuvent influencer les modalités de sécrétion des bactéries du microbiome et, en retour, des messages provenant de l’intestin peuvent influencer des fonctions cérébrales et avoir, des effets négatifs, par exemple sur le rendement au travail et l’efficacité intellectuelle. Aujourd’hui, on sait identifier des centaines de milliers de gènes influencés par nos états mentaux subjectifs.

Ce que fait le microbiome pour nous

Pour résumer, je dirais que notre vie reflète une interdépendance étroite entre trois domaines, que l’on pourrait représenter par 3 cercles qui se recoupent : l’environnement, l’épigénétique et, enfin, le microbiome. Notre organisme se situe à l’intersection de ces trois cercles, chacun jouant un rôle essentiel dans la conduite de notre vie. Nous connaissons bien, désormais, les facteurs extérieurs négatifs qui influencent notre vie : le soleil, le bruit, la pollution due aux toxines présentes dans l’environnement, la température, les catastrophes naturelles, le stress, les accidents de la vie… Tous peuvent, à des degrés divers, altérer nos gènes.

Nous pouvons intervenir sur notre santé en permanence, en modifiant nos comportements, et en apprécier les résultats épigénétiques presque en temps réel. Cependant, et comme toujours avec l’épigénétique, ces changements sont réversibles… dans un sens ou dans l’autre ! Il suffit de prendre des précautions, de changer ses habitudes et d’appliquer certaines règles favorisant la diversité des formes d’interaction avec notre environnement pour le constater. Les « bonnes pratiques » (mode d’alimentation varié, pratiquer un exercice modéré et régulier…) ne régleront pas tous nos maux, mais elles contribueront à en diminuer le nombre ou les effets de manière significative.

Relation entre microbiote et cerveau

La découverte de la relation entre le microbiote et le cerveau est une découverte des plus importantes sur le comportement humain et la santé.
Etant donné que le microbiome agit sur le cerveau, le mode de pensée, le raisonnement, le bien-être, la responsabilité humaine vis à vis du microbiome apparait de plus en plus inévitable.
C’est la clé de la bonne santé, du bien être physique et mental et du ralentissement du vieillissement.

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